RENÉ CRESCENZO dit SARVIL
1901-1975
Premier fils d’un émigré
napolitain tailleur d’habits, et d'une ciotadine, il naît à
Toulon au Pont du Las lors d’une
pérégrination temporaire de ses parents. Il passa son enfance
à Marseille, y fit ses débuts amateur à 15 ans, puis comme beaucoup
d’autres, « monta » en 1930 à Paris, où il fit carrière.
La famille de sa mère (Lotéro) d’origine génoise était installée
depuis le début du XIXème siècle dans les vieux quartiers de Marseille, Rue
Torte (une des plus vieilles rues de la cité) chassée vers 1860 par
l’installation du grand lupanar, ces Sanjanins
émigrèrent à nouveau à La Ciotat, où ils travaillaient dans la
charpenterie de marine et la voilerie. Cette filiation lui transmettra
une parfaite connaissance de ce petit monde de marins et de pécheurs,
dont il s’est fait le chroniqueur au second
degré. Il connaît bien le parler marseillais et comprend le
Provençal que parle une de ses grand-mères. Sa femme Juliette Clinchard
dite Saint Giniez auteur dramatique 1908-1980, petite fille d’un
Capoulé di Tambourinaïre félibréen du Var, ami de Mistral, lui
apporta en dot l’autre partie
de ce qui constituera l’ossature de leur parfaite maîtrise de la
culture de la Provence littorale. Toutes ces influences contribueront à
donner un caractère traditionnel à ce qui va devenir Les Opérettes
Marseillaises.
Parolier,
auteur
d’un millier de chansons sur 50 années de carrière, il a écrit pour
les plus grands de l’époque : Mayol, Chevalier, Fernandel, Tino
Rossi, Edith Piaf, Marie Dubas,
Reda Caire etc…
Il
excellait dans de nombreux domaines. Adrien Eche, historien du music hall,
le définit ainsi :
Possède
plus d’une corde à son arc. Il est à la fois chansonnier, Auteur
dramatique, Acteur. Remarquablement doué, il réussit dans les trois
genres*
(Marseille sur Scène)
Chansonnier
sous contrat à la Lune Rousse de 1930 a1936 il écrivait tous les spectacles
et les revuettes du lieu mythique de l’esprit montmartrois,
pour son complice Pierre Dac. Végétant, il n’en jouait pas moins les
utilités et le Marseillais de service auprès des touristes Rue de
Clichy, lorsque Alibert vint le chercher pour écrire la Revue
Marseillaise. Cette initiative installera définitivement le genre
marseillais dans la capitale. Puis avec Vincent Scotto, ils vont créer
ce qui restera la synthèse de la
longue tradition de spectacles marseillais.
A
la demande de son commanditaire, il produira
ainsi les sept livrets et toutes les paroles des chansons de ce corpus qui
entrera dans le patrimoine de la cité phocéenne, les Opérettes
Marseillaises
Il
est aussi en 1935 avec Hyppolite Ackerman, le créateur de ce qui restera comme le dernier
Noël
de la tradition calendale le naïf et populaire Noël des Petits
Santons. Il sera enfin l'auteur de la majorité des revues qui se jouaient
à Marseille entre 1939 et 1944 à
l’Odéon de la Canebière, ainsi que celles
qui clôtureront le cycle mémorable de l’Alcazar du Cours
Belsunce (1951-1965)
avant qu'il ne prenne en 1968 une retraite bien méritée. Il se retire
aux Arcs sur Argens(Var)village de sa femme Juliette.
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Sarvil à 16
ans
Son
Grand-père
Jean
Baptiste Lotéro
dit " Le Génois
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